lA LITTERATURE EN provence

 

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La Provence possède une langue originale , à la fois patois répandu et langue savante.

Les Troubadours : au 12 ème siècle s'ouvre , avec les troubadours , une grande époque pour la littérature provençale.
En réalité , l'art des troubadours, venu de l'Auvergne , du Limousin et de la Gascogne , n'est pas une littérature purement provençale , mais une littérature englobant la langue d'Oc.

Le motif essentiel de leur inspiration est l'amour.
De Provence , cette littérature passe en Italie , où elle se combine au génie de Dante et revient au 15ème s. dans la vallée du Rhône , sous forme de sonnets , avec Pétrarque. Mais cette belle langue colorée s'éteint , quand l'édit de Villers-cotterêts (1539) impose l'usage du français en Provence , dans la pratique administrative.

Bellaud de la Bellaudière . Personnage pittoresque , Bellaud de la Bellaudière , né à Grasse en 1530 , donne au provençal un nouvel élan poétique. Etudiant , il fréquente plus les places fortes entre Marseille et Avignon que les livres et les Universités. Homme d'armes , on le retrouve servant les troupes royales contre les Huguenots entre le Poitou et le Bordelais. Par moments , détenu , il célèbre avec nostalgie les camarades et la joyeuse vie passée. Sa poésie inspirée de Marot , de Rabelais et de Pétrarque dont il imite le sonnet , est cependant très personnelle par son réalisme familier. Précurseur des félibres , il a cherché à remettre à l' honneur la langue provençale , mais sa tentative  de restauration n' a pas abouti.

Les Noëls : Au 17 ème s. , les Noëls provençaux , œeuvre de Nicolas Saboly , sont de charmants morceaux de poésie populaire et rustique. Ces cantiques souriants et pieux font apparaître , aux cotés des anges , les touchantes figures de tout un petit monde empressé à courir dans la nuit vers l'Enfant qui vient de naître.

Le Félibrige : Le 21 mai 1854 , au château de Fontségune , près d'Avignon , sept poètes , dont Aubanel , Roumanille et Mistral , jettent les bases d'une association qu'ils appellent le Félibrige, empruntant ce mot mystérieux à une vielle chanson populaire. Cette association se donne pour but de restaurer la langue provençale en l'épurant et de mettre au point son orthographe: Mistral , initiateur du groupement , en est le principal artisan. En 1859 , a peine âgé de 29 ans , il publie le célèbre "Mirèio"(Mireille) qui est vite connue à Paris où elle se révèle comme "l'ambassadrice" du Félibrige. En 1867 , dans son "Calendau" (Noël) , il fait revivre le passé historique de son pays. "Le trésor du Félibrige" ,dictionnaire de tous les parlers d'Oc , le classe parmi nos grands philologues français.

Les félibres ne se sont pas contentés de grouper des poètes et des romanciers provençaux de langue d'Oc ou de langue française. Leur action s'est étendue au-delà du domaine littéraire  : l’œeuvre même de Mistral la définit. Poète , grammairien , philologue, érudit , animateur , Mistral a voulu faire renaître, par le retour  aux anciennes coutumes , les traditions spirituelles qui assuraient à la Provence sa personnalité. Il a rêvé d'une Provence idéale embrassant tous les pays de langue latine.

Le félibrige a fait reparaître les costumes d'autrefois , organisé des sociétés de tambourinaires , créé des musées d'art local ou régional , publié des périodiques comme l' "Armana prouvençàu" , ou des journaux comme l"Aïoli". Grâce à lui , une poésie spontanée et musicale a refleuri , nos pays méditerranéens ont retrouvé une âme.

 

 

 

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